Depuis quelques jours, je suis en Toscane, ma Terre d’origine où je venais chaque année étant petite (piccola). Mon arrière-grand-mère (bisnonna) Beatrice naquit à Florence et vécut en France le racisme anti-italien qui fût très violent.
J’ai découvert son drame lors d’une constellation où j’ai vu les représentants de l’Italie (Italia) et de la France (Francia) se tourner le dos.
Je me suis installée dans le Gers dénommé la Petite Toscane (la piccola Toscana), ce que j’ignorais à l’époque de mon arrivée, terre d’accueil de beaucoup d’immigrés (principalement des algériens, espagnols et italiens) à partir des guerres, de la famine (carestia) et de la misère (miseria).
En parcourant à nouveau les routes de ces lieux sublimes classés au Patrimoine de l’Unesco, à l’écoute de mes chansons préférées, je me surprends à pleurer (piangere) au volant de ma voiture (la macchina) pendant une heure.
Les larmes s’écoulent de moi. Je deviens fontaine (fontana). Je me souviens de cette phrase : « Les larmes, c’est le sourire du cœur », que j’exprime souvent dans mon cabinet lorsque les personnes que j’accompagne, s’autorisent enfin à libérer les émotions de leur passé souffrant. J’écoute (ascolto) ces perles de sel coulant sur mes joues. Je les identifie progressivement : celles éveillées
- Par la beauté immense de ces paysages toscans
- Par la tendresse envers mes ancêtres italiens
- Par les réminiscences de chaque chanson associée à des moments de ma vie (della mia vita)
- Par la joie et la célébration d’être ici (essere qui). Je me rappelle que regretter en italien se dit rimpiangere, donc la même racine que « piangere », mais je n’ai pas de regrets. J’ai tout accepté.
- Par la tristesse de ce qui ne sera jamais plus (piu mai)
- Par l’Amour que je ressens s’expanser dans mon cœur pour tout ce qui est.
Les larmes peuvent aussi apparaître pour éviter la colère (collera). Celle-ci est l’émotion la plus interdite dans l’éducation puisqu’elle nous permettrait de nous affirmer et de dire non à toute forme de maltraitance… Combien d’injonctions reçoit l’enfant également du type « arrête de pleurer », instillant en lui/elle la croyance qu’il s’agit là d’une faiblesse à masquer !
Les petits garçons sont encore particulièrement touchés par ces conditionnements patriarcaux qu’un homme ne pleure pas ! Quel honneur pour moi de le accompagner, devenus adultes, à prendre soin d’eux-mêmes en osant laisser couler leurs premières larmes !
Je vérifie intérieurement que j’ai bien laissé derrière moi (dietra me) mes anciennes colères. Je ressens une paix intérieure à présent. Tout est accompli (tutto è compiuto).
Tout est en devenir.