
Une forêt girondine dont il ne semble rester rien. Un sol calciné noir et gris. Tout est mort (?) et suspendu. Au centre de la photo diffusée sur les réseaux sociaux, s’élance vers le ciel, une fougère d’un vert tendre. Elle est née il y a deux semaines après les incendies. Une grande tige bien droite donne naissance à trois autres éclosant de feuilles délicates, certaines encore recroquevillées telles des fœtus, promettant la Vie.
L’Histoire Naturelle nous dit qu’elles sont apparues il y a « environ » 360 millions d’années. J’adore cette approximation à l’échelle millénaire ! Dans ma conscience de l’ici-maintenant, je pourrais dire : je me suis réveillée il y environ deux heures, j’ai commencé à entreprendre mon chemin de guérison il y a environ trente années, j’ai pris conscience que j’étais une âme créée par la Source de tout ce qui est, il y a environ… 50 ans. Mon rapport au temps ne joue pas dans la même cour que la fougère !!
Je la remercie de me rappeler que je suis éternelle comme vous toutes et tous, que seule la forme matérielle change au fil des siècles.
Ces dernières semaines, j’ai pleuré, prié pour tous les êtres qui vivaient ce cauchemar que peut représenter le feu. Mon cœur a voyagé vers ces personnes qui ont tout perdu en quelques instants. Comment assumerai-je une telle initiation ? J’en ai vécu beaucoup de rudes dans cette vie présente. Il me semble néanmoins que celle-ci est d’une violence inouïe. Mon parcours personnel et d’accompagnante spirituelle, m’a toujours enseigné que l’injustice n’existe pas, que tout a un sens, que notre vocation d’Etres de conscience et d’amour, est de le reconnaître et d’en faire la meilleure part.
J’ai pleuré et prié pour les pompiers et bénévoles si courageux dans leur dévotion, qui se sont blessés ou ont offert leur vie présente.
J’ai pleuré et prié pour toutes les formes de vie végétales et animales souffrant le martyre dans leur forme matérielle.
J’ai pleuré et prié pour toutes les manipulations à l’origine de ce désastre derrière le rideau du théâtre politique. Une amie m’a confié il y a quelques années : « L’ombre sert la Lumière ». En ces instants sombres, je me répète cette phrase telle un mantra. Je choisis de faire confiance que la dimension purificatrice du feu, va nous accompagner vers la Vérité et la Liberté.
Très sensible à la souffrance de ces Êtres de conscience que nous appelons « des animaux », je suis frappée de plein fouet par le paradoxe de ces derniers jours ! D’un côté, les images des bébés chevreuils avec des masques à oxygène, les pattes brûlées des renards pansées et cajolées. De l’autre côté, des battues autour de chez moi, organisées pour tuer des êtres assoiffés, affamés. J’aspire à chaque instant, à connaître ces moments ineffables où l’Humanité retrouvera le chemin de sa juste place parmi la Création et non au-dessus, qu’elle dissoudra son arrogance millénaire dans l’élixir divin de son cœur. Nous allons y parvenir car chaque jour, des âmes s’éveillent à la plus grande réalité de l’Univers, étape indispensable au changement de paradigme inéluctable.
Je regarde encore et encore la fougère miraculeuse, à l’instar du gingko biloba après Hiroshima. Je m’incline devant elle, je l’honore de nous montrer le chemin de la rédemption, de la transmutation. L’Amour n’est pas une émotion, c’est la substance même de l’Univers avait écrit Christiane Singer. Je le vérifie à chaque instant dans ma vie personnelle et professionnelle de thérapeute quantique. Quelle intensité de l’Amour a nourri les spores cachés sous cette Terre martyrisée, pour qu’advienne cette merveille deux semaines plus tard !
Cette fougère nous montre que tout est possible si nous allons dans le sens du courant de la rivière de la Vie.
La pratique de la Musique des Plantes (cf ma chaîne youtube), nous apprend que cette espèce végétale est particulièrement puissante pour soigner. C’est donc tout naturellement, qu’elle nous donne notre direction : choisir la Vie et l’Amour à chaque instant, afin que cette planète et tout ce qui l’habite, soit concrètement le paradis qu’elle devrait être. Cela dépend de chacune et chacun de nous.
A l’image de cette simple plante magnifique, tendons nos mains entre le ciel et la terre, les uns avec les autres, en marche vers notre souveraineté.
Bianca Saury
9 août 2026