Cheveux lâchés

J’écris le titre de ce nouvel article en entendant « chevaux lâchés ». En effet, il s’agit bien de liberté, crinière au vent, que vivent encore certains équidés dans les grands espaces où leur course ne sera entravée par aucun obstacle créé par les mains des hommes.


Je sors à l’instant de la projection du film « Vivaldi et moi » profondément émue. Me remontent en mémoire deux films récents qui m’avaient bouleversée : « Les graines du figuier sauvage » et « Tatami », interrogeant puissamment la violence perverse infligée aux femmes, et le choix de leur souveraineté, qu’elles parvenaient à conquérir au risque de leur vie et de celles de leurs proches.
Une image similaire de « Vivaldi et moi », se superpose aux deux autres de ces films sur l’Iran : la femme lâchant ses cheveux, se transfigure. Burkas, coiffes, voiles, bonnets religieux… autant de couvercles emprisonnant la femme, la maintenant dans une ombre d’elle-même. Je salue le talent de ces cinéastes capables d’évoquer cet instant sublime, fugace, éphémère et déterminant tout à la fois.


A la libération de la deuxième guerre mondiale, et dans bien d’autres circonstances, n’a-t-on pas rasé les femmes afin de les humilier et de les stigmatiser avec mépris ? J’ai découvert dans mon cabinet de thérapie, que des parents pouvaient sadiser leurs petites filles en les coiffant violemment ou en coupant leurs cheveux comme mesure punitive, de rétorsion.
Chaque personnage féminin dans ces trois films atteint son point de bascule sans retour, se débarrassant irréversiblement de ce qui opprimait sa chevelure. En osant donner à voir au monde ses compagnons capillaires, elle s’autorise à briller et à dévoiler sa beauté intérieure qui émane de son visage éclairé. Elle se dresse dans sa fierté nouvelle-née, déclarant : « Je n’accepte plus de me cacher. Je ne laisse plus aucun regard malsain patriarcal obstruer la lumière sacrée de ma féminité. Je me désapproprie définitivement de la honte avec laquelle d’autres ont voulu me marquer au fer rouge (comme dans cette scène de « Vivaldi et moi »).


Au moment où je termine cet article, je vis une synchronicité extraordinaire : l’une de mes amies me lit un extrait d’un livre que l’on vient de lui offrir « Harem venimeux ».

Le voici : « Au temps du prophète, il y avait les femmes libres qu’on voilait pour les respecter et les femmes esclaves qu’on dénudait pour les violer ».

Je prends conscience en écrivant ces lignes qu’il n’y a qu’une inversion de lettres entre voiler et violer ! Quel vertige. Imposer ce voile aux femmes parce que les hommes sont incapables de maîtriser leurs pulsions ! A leurs yeux, celles-ci sont simplement coupables d’être désirables !

Femmes, je vous déclare mon amour vibrant lorsque vous êtes vous-même, enfin, libérées de tous les carcans imposés par les religions, l’éducation, la société et le machisme. Lorsque vous ne cherchez plus à plaire parce que vous Etes simplement, cet éternel Féminin à honorer et célébrer, une expression magnifique de la Création ! Ne laissons plus aucun voile désormais chercher à ternir notre beauté et notre magnificence !