De Rembrandt à Muganga en passant par Berlin
Il y a quelques temps, alors que mon corps m’exprimait une conjonctivite, je reçus en guidance qu’il m’était nécessaire d’accepter de voir la beauté comme la souffrance, à partir du même Amour.
Dans ces temps de manipulations intenses et diverses, je suis
convaincue que, individuellement et collectivement, nous serons en mesure d’installer notre souveraineté en choisissant d’ouvrir les yeux, sur tout ce qui existe derrière l’épais voile des Illusions. J’ai été particulièrement sollicitée ces dernières semaines dans ce domaine par la vision de deux films magnifiques et une escapade à Berlin.
Le premier film, « Rembrandt » de Pierre Schoeller, conte le trajet d’une scientifique matérialiste vers une forme d’éveil, parvenant à s’incliner respectueusement devant la beauté de la Vie, de la Création. Je ressens que nous sommes à la fois si petits dans l’infini des plurivers et si grands, en tant qu’âmes issues de La Source. Entre ces deux pôles, le cœur reste notre seule boussole nous permettant de ne pas faillir, de rester centré e dans la tempête actuelle, porte initiatique vers un Nouveau Monde.
Aux antipodes, réside le constat de la violence que l’être humain est capable d’infliger à une autre vie. « Muganga » de Marie-Hélène Roux, nous emmène au Congo où le Dr Mukwege a soigné 80.000 femmes des mutilations sexuelles et viols innommables qu’elles ont subi. « Celui qui soigne » (Muganga en congolais) est cet homme qui obtint le Prix Nobel de la Paix après des années d’anonymat pendant lesquelles il risqua sa vie à chaque instant, ainsi que sa famille. Il reçut son Prix au moment exact où j’achevai d’écrire mon ouvrage « Le temps de la réconciliation Féminin-Masculin ». Ainsi dans mon dernier chapitre, tissai-je un lien avec cet homme extraordinaire seul, debout, donnant un point d’appui héroïque à ces femmes, afin qu’elles puissent déployer une résilience admirable.
Un regard d’homme, des mains d’homme, bienveillants éclairant symboliquement la voie possible de réconciliation entre les hommes et les femmes. Quand déciderons-nous de nous y atteler totalement ?
La dignité, la Conscience font converger ces deux films vers une humanité capable de créer le meilleur. Entre ces deux espaces vibrants m’ayant bouleversée, j’ai visité Berlin, déchirée pendant quinze ans par le mur de la honte : 500.000 personnes ont tenté la
folle aventure de le traverser. Seuls 10% d’entre eux y sont parvenus. Le meurtre ou la prison pour les autres. Des dictatures étaient à l’œuvre, séparant des familles, des fratries au nom d’idéologies, puis d’’autres les ont remplacés malheureusement. Si les peuples se lèvent à partir de leur puissance et de l’Amour, qu’ils ne reconnaissent pas encore suffisamment, nous pourrons en finir avec toutes formes d’emprises qui agitent peur et culpabilité afin de nous soumettre.
A Berlin, je me sens profondément touchée par ces « petites histoires » poignantes de ces Etres tentant de vivre le mieux possible à l’instar de millions d’autres dans le monde, broyés par une Grande Histoire qui n’en a que le nom.
Chaque âme, chaque forme de vie est nécessaire à l’Univers et son expression ! Oui, je continuerai à Regarder, me laissant pleurer souvent d’émerveillement et parfois aussi de lassitude, les yeux tournés vers une Aube que nous sommes en train de créer : pour tout ce qui vit sur cette Terre, un Paradis, déjà présent dans nos cœurs, ne demandant qu’à s’épanouir. Nous en sommes capables, en libérant pleinement nos peurs et culpabilités en grande partie liées à notre chemin d’âme !